Vous vous rappelez de cette époque, pas si lointaine, où on nous jurait que le futur du séminaire passerait par des casques VR et des avatars dans le métavers ? Franchement, quel fiasco. En discutant avec trois directeurs RH la semaine dernière, le constat est cinglant : les gens ont juste envie de se voir, de se toucher (enfin, façon de parler) et surtout de déconnecter pour de vrai.
En 2026, la vraie tendance, c'est ce que j'appelle le 'brut'. On oublie les écrans géants LED qui coûtent une blinde et on revient à l'essentiel. J'ai vu passer un projet de séminaire dans le Larzac, sans wifi, où le but était de retaper un muret en pierre sèche. Ça peut paraître absurde pour certains, mais pour être honnête, c'est dix fois plus efficace pour la cohésion qu'un escape game scripté où tout le monde fait semblant de s'amuser.
Le luxe, c'est le silence
On en fait toujours trop. Trop d'activités, trop de bouffe, trop de présentations PowerPoint qui durent trois plombes. Le truc, c'est que les collaborateurs sont rincés. Leur cerveau est déjà saturé par Slack et Teams toute l'année. Du coup, imposer un planning militaire de 8h à minuit, c'est le meilleur moyen de griller tout le bénéfice de l'événement.
Les boîtes qui cartonnent sur leurs événements corporate aujourd'hui, ce sont celles qui osent laisser des plages de vide. Oui, du vide. Du temps pour que les gens discutent entre eux au bord d'une piscine ou dans un salon, sans qu'un animateur surexcité ne vienne leur demander de faire une chenille ou un brainstorming sur les valeurs de l'entreprise. D'ailleurs, entre nous, les 'valeurs', tout le monde s'en fout si l'ambiance au bureau est toxique le reste de l'année.
L'écologie, faut arrêter de nous prendre pour des billes
Bon, parlons du sujet qui fâche : le greenwashing. En 2026, les salariés ne sont plus dupes. Offrir une gourde en plastique recyclé fabriquée en Chine à la fin d'un séminaire où tout le monde est venu en avion, c'est juste insultant. Les entreprises qui veulent marquer des points doivent être radicales. Soit on le fait local, avec un traiteur qui connaît le nom du maraîcher, soit on ne le fait pas.
Je vois de plus en plus de séminaires 'bas carbone' qui ne disent pas leur nom. C'est simple : on prend le train, on reste dans la région, et on mise sur la qualité plutôt que sur l'esbroufe. C'est moins clinquant sur Instagram, mais c'est beaucoup plus cohérent. Et puis, entre nous, est-ce qu'on a vraiment besoin d'aller à Marrakech pour discuter de la stratégie commerciale du Grand Ouest ? Je pose la question.
Au final, organiser un événement en 2026, c'est accepter de perdre un peu le contrôle. Arrêter de vouloir tout scénariser. Le plus beau moment d'un séminaire, c'est souvent celui qui n'était pas prévu au programme. Alors, on lâche un peu la bride ?