La semaine dernière, j'étais à une conférence sur l'avenir de l'événementiel corporate et, franchement, j'ai failli m'endormir avant même le premier café. Le speaker nous déballait ses slides sur l'engagement des collaborateurs avec le même enthousiasme qu'un huissier de justice. Ça m'a fait réfléchir : pourquoi est-ce qu'on s'obstine encore à organiser des séminaires qui ressemblent à des punitions collectives ?
On connaît tous la chanson. Un hôtel de périphérie, une salle de réunion sans fenêtre où la clim fait un bruit de vieux tracteur, et ce fameux « team building » où on vous force à construire un pont en spaghetti ou à faire des câlins à des arbres. C'est fini ça, non ? Ou alors c'est moi qui deviens trop exigeant avec l'âge.
L'authenticité, le nouveau Graal (enfin !)
Le truc, c'est que les boîtes ont enfin compris — ou commencent à comprendre, ne soyons pas trop optimistes — que les gens ne veulent plus de vernis. On est en 2024, les gars. Après trois ans de télétravail hybride et de réunions Zoom en pyjama, quand on déplace tout le monde pour un séminaire, il faut que ça en vaille la peine. Sinon, autant rester chez soi à bosser sur ses dossiers.
Je discutais avec un pote qui gère une agence de prod à Lyon. Il me disait que ses clients lui demandent de plus en plus de « l'imparfait ». Ils veulent des lieux qui ont une âme, quitte à ce que le parquet grince ou que la connexion Wi-Fi soit un peu capricieuse dans le jardin. C'est ça qui crée du souvenir. Pas le buffet standardisé avec les mêmes mini-quiches décongelées qu'on retrouve de Lille à Marseille.
D'ailleurs, vous avez remarqué cette tendance pour les « retraites en silence » ou les séminaires ultra-sportifs ? Bon, pour le sport, je passe mon tour, mon dos me remercie. Mais l'idée de sortir totalement du cadre pro pour redevenir juste des humains qui discutent, c'est quand même la base, non ?
La technologie, oui, mais sans nous saouler
Alors évidemment, y'a la tech. On nous vend de l'IA à toutes les sauces, même pour choisir la couleur des serviettes de table. Je caricature, mais à peine. Je pense que la tech dans un séminaire ne doit servir qu'à une chose : se faire oublier. Si on passe 20 minutes à essayer de connecter un casque VR pour une activité bidon alors qu'on pourrait juste faire une partie de pétanque avec une bière à la main, c'est qu'on a raté un truc.
Le vrai luxe aujourd'hui, c'est la déconnexion. J'ai vu passer une boîte qui confisque les téléphones à l'entrée du domaine pendant 48 heures. Au début, tout le monde tire la gueule, les managers sont en sueur, et puis au bout de trois heures, les gens recommencent à se regarder dans les yeux. C'est presque révolutionnaire, c'est dire l'état de notre société.
En gros, si vous organisez votre prochain événement, posez-vous juste une question : est-ce que j'aurais envie d'y aller en tant qu'invité, pas en tant qu'organisateur ? Si la réponse est « bof », déchirez votre programme et recommencez à zéro.
Est-ce qu'on n'aurait pas tout simplement besoin de revenir à des formats plus courts, plus intenses, et surtout plus honnêtes ? Le séminaire de demain sera humain ou ne sera pas. Et entre nous, si je revois un seul Powerpoint de 50 pages cette année, je rends ma carte de presse.